Thème du jeu


Sous les murailles de Troie! Sous la conduite d'Agamemnon, des milliers de Grecs se sont massés aux portes de Troie, la dière cité qui défie la volonté des dieux et la puissance des Achéens! Chars, archers troyens, hoplites athéniens, tous sont aux côtés des plus grands héros, Ajax, Nestor, Achille, Ulysse, Hector... prêts à s'affronter pour la gloire des dieux et les yeux d'Hélène. Une partie d'Iliade se déroule en plusieurs sièges successifs. Mais attention : vos forces s'épuisent vite et les renforts sont rares. Lancez trop de guerriers dans la bataille et vous serez vaincus lors des sièges suivants. Retenez vos héros et vous risquez de subir la malédiction de Thanatos qui punit les lâches et les faibles.
 

L'avis de Guillaume

De 6 à 10 parties jouées - 17 mars 2007
 
Très Bon
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Iliade a été pour moi une excellente découverte mais force est de reconnaître que ce jeu n'a pas connu le succès escompté.
J'ai moi même eu du mal à y faire rejouer certaines personnes qui avait la sensation - et je vais y revenir - de tourner en rond.

Pour ceux qui connaissent quelques jeux de Dominique Ehrhard, Iliade a des parfums de Condotierre : on y retrouve cette mécanique de cartes posées une à une pour gagner des batailles qui permettront de gagner la guerre. C'est un jeu où les nerfs sont mis à rude contribution : il faut savoir s'engager et se désengager des conflits pour les gagner à moindre frais et laisser les autres s'épuiser lors de conflits stériles.
Iliade est une version allégée (car plus courte) de Condotierre qui vient corriger ses principaux défauts :

- Condotierre, au moins dans sa première version, pouvait prendre des allures de jeu fleuve : l'alliance des joueurs pour contrer le joueur en tête pouvait durer, durer, durer... J'ai souvenir de parties s'étendant jusque tard dans la nuit avec des joueurs consciencieux et désireux de "ne rien laisser passer". Avec Iliade, cela ne peut pas arriver. En effet, tous les points de victoire conduisent à s'approcher lentement mais sûrement vers la fin de la partie.

- Certaines situations pouvaient être très frustrantes pour les joueurs : une "pax" (la carte du pape) posées après une succession de cartes à points conduit à la mise au rebut de tous ces efforts. A Iliade, on n'a plus de situation stérile d'égalité ou de carte "fatale" (à noter, que la "clef" qui donne la victoire au plus offrant a, elle, été reprise au travers des conflits "gorgone"). Un système très astucieux d'avantage au premier joueur à cesser les hostilités vient à la fois départager les joueurs et mettre à chaque tour les joueurs devant le dilemme "s'arrêter ou pas" qui dévorait déjà les joueurs de Condotierre.

- Condotierre avait des allures de Camelot (le jeu de Knizia) : on pose des cartes l'un après l'autre et l'on comptabilise les points cumulés. Néanmoins, ces cartes étaient passives et le choix se résumait à "quelle carte poser ? / quand cesser le conflit ?". Iliade rajoute un niveau en permettant aux cartes posées d'avoir elles-mêmes des effets : attaque, collecte de points cachés... sans que cela ne pèse sur la fluidité du jeu.

Si on ajoute à tout cela que le jeu est très fluide et graphiquement très réussi (avec un thème qui a de quoi plaire aux amateurs du genre), on se demande pourquoi ce petit jeu de carte n'a pas déchaîné plus de passions.

Je crois que cela est dû au mécanisme de destruction des cartes. A Condotierre, on est était sur une course à l'armement : on ne faisait que gonfler ses stocks pour l'assaut. A Iliade, c'est l'inverse. A chaque type de carte est associé un autre type de carte qui le détruit. On se retrouve donc souvent devant des luttes en apparence stérile où l'on se détruit l'un l'autre. La guerre est d'autant plus nécessaire que le combat joue le rôle des "Epouvantails" à Condotierre, elle permet de maîtriser le rythme de jeu et de pousser ses adversaires à jouer ses cartes avant soi. Tout ceci est très astucieux et plaisant, mais l'impression que l'on pose des cartes avant qu'elles soient détruites pour en reposer d'autres... persiste.
Ce côté répétitif peut être lassant pour qui n'est pas concentré sur les ressources de chacun et l'importance relative des points de victoire à gagner.

Enfin, un point souvent donné au jeu est son intérêt en en équipes (à 4 ou 6 joueurs). Je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de l'essayer dans cette configuration mais les jeux qui permettent ce genre de configuration sont plutôt rare. Cela mérite d'être souligné.

 
  • La mécanique de Condotierre affinée
  • Un jeu où l'on conjugue l'art de doser ses efforts
  • L'importance du rythme et les choix de jeu offerts
  • Un jeu qui se joue en équipes
  • Esthétiquement très réussi
 
  • Une mécanique répétitive qui rebute parfois
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