Thème du jeu


Les joueurs tentent leur chance dans le monde mystérieux de l’archipel de Bora Bora. Ils essaiment d’île en île et construisent des huttes pour y installer les femmes & les hommes audacieux de leurs tribus. Ils peuvent aussi découvrir de nouvelles zones de pêche et ramasser des coquillages.

Mais dans tout ça, il ne faudrait pas oublier la religion. Il faut donc envoyer des prêtres au temple pour y faire des offrandes afin d’influencer les différents Dieux.

Pour ce faire, les joueurs placent leurs dés sur différentes tuiles Action après avoir mûrement réfléchi à leur planification. Le joueur qui observe le mieux le développement du jeu et qui anticipe le plus l’emportera à la fin.

Le vainqueur est le joueur détenant le plus de points de victoire en fin de partie.
 

L'avis de LudiGaume

2- De 3 à 5 parties jouées - 25 mars 2013
 
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Avertissement sur ses notations

Bora Bora est avant tout un jeu Alea et donc toujours très attendu. En plus, c'est un Feld qui nous offre toujours des jeux très tendus, pleins de rebondissements, de choix et de façons de scorer. Un appel au plaisir s'annonce.

Alors oui ou non ce nouvel Alea est une petite merveille ?

Pour moi ce sera oui. J'apprécie énormément les choix qui nous sont offerts et tout cela avec trois petits dés qui nous permettrons de faire nos actions. C'est pas grand chose et c'est certainement le moment le plus interactif du jeu. L'idée que seul un dé inférieur au dé déjà présent sur une action offre des choix et des possibilités de blocages incroyables. Il ne sera pas rare de voir un joueur pester contre un tirage avec des 6 et des 5. Et puis, un 1 sur une action bloque par défaut l'action pour les autres joueurs. Bien sur, Stefan Feld a pensé à une alternative pour permettre aux joueurs d'outre passer cette règle. Les cartes Dieux qui vous permettront de mettre un dé supérieur mais une carte, il faut l'acquérir et faire une offrande pour l'activer, donc pas aussi facile qu'il n'y paraît. N'oublions pas la carte qui permet de changer la valeur d'actions d'un dé en un 6, ceci ne remplace pas le 1 mais augmente votre champ d'action. Pervers parfois.

Donc, 3 dés, 7 actions possibles, ... des choix cruciaux et comme toujours on ne peut pas tout faire. La phase de dés est en quelques sortes une pose d'ouvriers.

Ensuite, c'est un Feld avec une multitudes de voies de développements et de marquer des points. Des choix qu'il sera bon de faire dès le début de partie afin de profiter des bonus de fins de parties qui font souvent la différence. Il faut choisir de récolter 6 bijoux, réaliser ses 9 tâches, les constructions ou le placement sur les îles, des choix qu'il vaut mieux préparer et axer sa stratégie sur ce choix. Bien sur les dés vous feront peut-être changer de voie mais pas au point de déséquilibrer votre partie.

L'interactivité n'est pas absente sur le plateau car être le premier joueur n'est pas anodin, obtenir la majorité des dieux se fait directement au détriment des autres et enfin, le choix des nouvelles tâches est parfois fait en fonction des possibilités des autres joueurs. C'est pas ici qu'il y a le plus d'interactivité mais elle existe et vous force à en tenir compte.

Chaque partie est un défi et une prise de tête constante afin d'optimiser ses actions. C'est très agréable à jouer même si s'il y a des moments où la frustration est à son comble. Mais pas de soucis, il y a toujours quelque chose à faire. Au pire pêcher (2 PVs) mais c'est rare.

J'ai déjà gagné des parties en posant un minimum de huttes sur les îles et avec un minimum d'hommes et femmes qui offrent des actions supplémentaires. Et j'en ai gagné d'autres grâce au placement sur les îles. Donc, on peut remarquer qu'il y a plusieurs façons de l'emporter.

Enfin, parlons du thème. Bof, bon, difficile de se croire sur une île, sous le soleil. Le thème est plaqué mais bien mis en valeur par les illustrations et les couleurs chatoyantes. Mais des thèmes immersifs c'est tellement rare que celui-ci ne dénotera pas avec la majorité de la production actuelle.

Le matériel est costaud, propre, de qualité. On regretta une règle un peu pauvre en exemple et même sans description visuelle du matériel. Une règle Alea un peu austère. Mais bon on arrive à la digérer facilement et à la première lecture. Aussi, il est dommage que l'aide de jeu soit couplée au plateau individuel, deux morceaux auraient été mieux et donneraient, au plateau individuel, moins cette impression de tableau de bord plein de boutons.

Mais Bora Bora reste un jeu que j'adore et qui entre dans mon Top pour ses choix permanents et sa mécanique de dés subtiles. Un très bon Feld qui m'offre à chaque partie un vrai défi et des moments palpitants.

Bravo.

 
  • La mécanique des dés
  • Les différentes voies pour gagner
  • Les cartes Dieux
 
  • Le plateau individuel trop chargé
  • Un thème plaqué
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L'avis de Frédéric

Plus de 10 parties jouées - 17 août 2014
 
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Avertissement sur ses notations

Bora Bora s’inscrit dans la grande lignée des jeux à l’allemande pour joueurs plutôt habitués à se triturer les méninges. Il s’agit d’un jeu dit « à objectifs multiples ».

Bora Bora est un jeu à la fois tactique et stratégique, ce qui en fait un jeu sans doute un peu exigeant mais certainement passionnant.

Avec, si je compte bien, une quinzaine de manières de gagner des points de victoire (même le fait de ne pas être le premier joueur au début de la partie vous fait gagner un ou des points de victoire), ce jeu a un petit air d’usine à gaz la première fois que l’on y joue. Toutefois, grâce à des règles claires et des mécanismes bien huilés, toutes les voies menant à la collecte des points de victoires seront rapidement assimilées, ce qui est la marque d’un jeu très bien conçu.

Il s’agit d’un jeu tactique car vous devrez optimiser vos coups au maximum pour qu’ils vous rapportent le plus de points possible, mais il est également stratégique car vous aurez tendance à favoriser certaines voies pour gagner des points de victoire, voies qu’il vous faudra parfois abandonner en fonction de vos résultats aux dés et des choix posés par les autres joueurs. A mon sens, Bora Bora est surtout un jeu d’adaptation aux circonstances : il faut savoir faire des choix qui vous feront gagner le plus de points de victoire à court ou à long terme. Par exemple, vous pourrez opter pour une stratégie à long terme de pose de huttes sur l’archipel, dans l’espoir de pouvoir engranger des points de victoire lors du décompte final ou pour réaliser certaines tâches, mais avec le risque d’être délogé par un autre joueur. Il y a un grand nombre d’exemples de ce type.

Il faudra donc toujours peser le pour et le contre au moment de faire ses choix.

Bien entendu, chaque joueur pourra aussi essayer de réaliser plus de coups que ses adversaires grâce à l’effet de certaines tuiles homme-femme (tuiles qui vous permettent de poser des huttes, de construire une tuile bâtiment, de prendre une tuile homme-femme, lors de la phase B). Cette manière de jouer vous obligera à planifier cette phase B, pour ne pas vous retrouver, par exemple, à court de matériaux de construction.

J’ai déjà lu certains avis sur le net qui évoquaient l’existence d’une martingale durant cette phase de jeu. Je suis très dubitatif par rapport à l’existence d’une telle martingale dans l’hypothèse où tous les joueurs ont un niveau de jeu similaires car si, classiquement, le fait de pouvoir disposer de plus de coups que ses adversaires confère un sérieux avantage, Bora Bora est un jeu très équilibré qui donne à chaque joueur la possibilité de choisir une stratégie gagnante. C’est ce qui fait notamment la qualité de Bora Bora : il n’y a pas qu’une seule voie vers la victoire.

J’apprécie particulièrement le système de « pose d’ouvriers » avec des dés. Il y a là aussi des choix intéressants à faire sans que le jeu soit dominé par le hasard. Bora Bora n’est pas un jeu de dés et vos choix ne sont nullement verrouillés par le hasard dans la mesure où l’utilisation raisonnée des cartes dieux vous permettra toujours de vous tirer d’affaire, même si vous estimez, à tort ou à raison, que votre tirage aux dés vous est défavorable. Enfin, l’utilisation des dés permettra aux indécrottables Calimero de trouver une bonne excuse en cas de défaite, ainsi tout le monde pourra y trouver son compte. Plus sérieusement, je trouve que l’utilisation des dés est très réussie et est une source supplémentaire de choix pas toujours évidents à faire : poser un dé élevé assure un « revenu » élevé mais permettra aux autres joueurs de jouer après vous sur la même action. Jouer un dé de faible valeur sera peut-être moins rentable pour vous mais bloquera l’action des autres joueurs (sauf utilisation d’une carte dieu bleue par un autre joueur ou par vous-même).

Même si a priori Bora Bora est un jeu dans lequel on a tendance à jouer « dans son coin », les interactions entre les décisions des joueurs sont présentes et importantes, on peut citer à titre d’exemples :
- la phase A de choix des actions après le lancer des dés ;
- le moment où l’on pose ses huttes ;
- la lutte pour la place de premier joueur déterminée par la piste statut qui déterminera immédiatement le joueur qui pourra choisir le premier un bijou et, avantage non négligeable, qui pourra le premier choisir une nouvelle tuile tâche ;
- le moment et la place où l’on positionne ses prêtres sur la piste temple ;
- etc…

Bora Bora vous place face à des choix multiples qui seront influencés par plusieurs paramètres connus mais à ce point variés que ces choix ne seront pas nécessairement faciles à faire.

On ne peut pas passer sous silence que Bora Bora est un jeu, a priori, assez carré, voire un peu sec avec son côté « chacun essaye d’optimiser ses coups dans son coin ». Toutefois, il est, à mon avis, un jeu nécessitant que l’on analyse bien le jeu des autres joueurs si l’on veut élever son propre niveau de jeu. Certes cela n’est pas évident lors des premières parties, mais une fois appréhendé, Bora Bora est un jeu qui vous fera sortir de votre « coin ».
Cette caractéristique confère une très grande rejouabilité au jeu car chaque partie sera différente et l’on aura certainement, comme ce fut le cas pour moi, envie d’essayer différentes stratégies. Bien entendu, la physionomie du jeu varie de manière sensible en fonction du nombre de joueurs, mais aussi, dans une moindre mesure en fonction du tirage de vos premières tuiles tâches, ce qui le rend d’autant plus intéressant.

Côté matériel : rien à redire, c’est solide pratique et coloré. D’une manière générale, le design du jeu me plaît parfaitement même si le rappel des tuiles homme-femme sur les plateaux individuels me semble superflu.

Quant au thème, c’est comme d’habitude la bouteille à encre des jeux dits à l’allemande. Je n’irai pas jusqu’à dire que le thème est plaqué, mais il est vrai que l’on sent bien que le lien entre les mécanismes de jeu et son thème est plus que ténu. Je pense toutefois que le thème demeure sympathique et original même s’il ne sert pas à grand-chose en termes de qualité ludique.

Bora Bora est donc une superbe réussite en raison de la qualité et de la variété de ses mécanismes mais aussi de l’interaction entre les choix des joueurs.

 
  • Mécanismes bien huilés et variés
  • Utilisation intéressante des dés
  • Interactions entre les choix des joueurs
  • Rejouabilité
  • Qualité du matériel
 
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