Thème du jeu


79 avant J-C. Sylla, maître incontesté de Rome, s’apprête à abdiquer. En son règne, le sénat romain a retrouvé sa splendeur et nombreux sont les prétendants au pouvoir suprême. Mais Rome est une maîtresse capricieuse, le peuple a faim et réclame du pain et des jeux. Seul le plus habile des politiciens pourrait tirer parti de cette situation…

Les joueurs incarnent des sénateurs romains en quête de prestige. Ils utilisent leur fortune et leurs relations pour construire de grands projets et résoudre les problèmes politiques de la république. A la fin du jeu, le joueur ayant le prestige le plus élevé remporte la partie et prend le contrôle de Rome.
 

L'avis de Grunt

5- Plus de 10 parties jouées - 17 mars 2009
 
Indispensable
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Sylla a une histoire particulière car j'ai mis beaucoup de temps à saisir la philosophie du jeu, et par là même à l'apprécier, même au cours des nombreux tests que j'ai eu l'occasion d'effectuer avant sa parution. Toujours est-il que j'ai été très enthousiaste à sa sortie car plus encore que tout autre jeu Ystari, j'ai eu la satisfaction de sentir que le jeu était arrivé au bout de ce qu'il devait être, et à avoir vécu des dernières parties d'anthologie.

Une lecture "en surface" pourrait être un autre jeu d'enchères multiples alambiqué... mais j'en ai une tout autre lecture (partiale mais sincère): Sylla est simplement un jeu de gestion politique. Rien ne se fait seul et rien ne s'achète de manière certaine: tout est influence, par petites touches. C'est ce qui m'a rendu perplexe au début car j'aime avoir de la visibilité sur ce que je fais, sans me sentir complètement dépendant des autres. J'ai peut-être oublier pendant un temps que jouer, c'est avec les autres et pas contre soi. Sylla a été là pour me le rappeler.

Ce qui m'enthousiasme le plus est l'épure finale qui a pu être trouvée avec le jeu probablement le plus fort thématiquement de la gamme "Ystari" brute:

- Le vote du premier consul, dont le potentiel de sénateurs à notre botte vont rendre les enchères coûteuses en augmentant le minimum à payer.

- L'achat de bâtiments grâce aux efforts des personnages qui alors ne se consacreront à rien d'autre ce tour, dont le mécanisme de relance est particulièrement tendu (et dans l'esprit d'influencer le jeu et les batailles sur les enchères).

- La lutte coopérative contre les évènements négatifs grâce à nos vestales (qui influencent la satisfaction du peuple) et légionnaires (qui protègent les personnages) dont les imbrications sont multiples (gain de points, famine et effet).

- La participation à des grands projets (ou non) pour donner une direction au développement du jeu.

- Une lutte perpétuelle contre la famine ("le peuple a faim!") qui donnera des physionomies de parties bien différentes.

- Les petits détails thématiques, comme l'affranchissement des esclaves, la reconnaissance des chrétiens (certes anachroniques mais tellement plus parlant), "Spartacus" (et le soulèvement des esclaves), "Du pain et des jeux" (le grenier)...

Mais ce qui me satisfait au final, c'est l'équilibre fragile qui conserve des voies alternatives à nos "échecs" dans les enchères:

- l'argent est souvent tendu ce qui donne une certaine tenue aux enchères poings fermés.

- les personnages ont une utilisation multiple: "perdre" aux enchères signifient souvent se rattraper sur d'autres niveaux; à l'inverse, monter trop haut peut être complètement contre-productif. "Choisir c'est renoncer" :)

- être seul sur un événement donne des points "faciles", et peut donner une pression vicieuse grâce aux crises.

Au final il s'agira plus de s'adapter aux comportement et de chercher les points fonction des opportunités. Sylla est un des jeux que j'apprécie le plus à sortir en ce moment quand les conditions sont réunis (des joueurs un peu retors et manipulateurs). Dans le bon contexte, c'est un pur plaisir!

 
  • Acquisition des bâtiments compétitive
  • Gestion des événements coopérative
  • Influence des cours décisive (crise, points...)
  • Pression de la famine dans la lutte des points
  • Les illustrations des personnages, événements (pas que la carte décadence) et grands projets
 
  • Plateau trop sombre
  • Jeu très contextuel
  • Pas pour les allergiques aux enchères poings fermés
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